CPF 2026 : 150 € de reste à charge, et l'examen devient obligatoire

CPF 2026 : 150 € de reste à charge, et l'examen devient obligatoire — illustration IFPA Poitiers

Si vous préparez une entrée en formation pour la rentrée, deux changements récents doivent entrer dans votre calcul. Le premier est financier : la participation forfaitaire du CPF est passée à 150 € le 2 avril 2026. Le second est plus inattendu, et beaucoup de candidats l'ignorent encore : depuis le 27 juin 2026, mobiliser son CPF engage à se présenter aux épreuves de la certification, sous peine de devoir rembourser la formation. Voici ce que ces textes changent concrètement pour financer un titre professionnel à Poitiers — et pourquoi le CPF n'est jamais la seule porte.

Changement n° 1 : le reste à charge est passé à 150 €

Depuis 2024, tout titulaire d'un compte personnel de formation participe financièrement à sa formation. Ce montant a évolué deux fois cette année : revalorisé à 103,20 € au 1er janvier 2026, il a été porté à 150 € par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, applicable à toute demande d'inscription déposée à compter du 2 avril 2026. C'est une hausse de près de 45 % en quelques mois, et c'est le montant en vigueur pour la rentrée.

Ce forfait est dû une fois par action de formation, quel que soit son coût total. Il reste modeste au regard du prix d'un parcours qualifiant, mais il surprend souvent au moment de valider le dossier.

Qui n'a rien à payer ?

Le décret maintient quatre cas d'exonération complète :

  • les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail ;
  • les salariés dont l'employeur verse un abondement complémentaire — c'est le cas le plus fréquent en entreprise ;
  • les titulaires mobilisant leur compte professionnel de prévention (C2P) ;
  • les bénéficiaires de l'abondement au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle (incapacité permanente d'au moins 10 %).

Autrement dit : si vous êtes salarié·e et que votre employeur participe, ne serait-ce que partiellement, vous ne payez pas ce forfait. C'est un argument à porter lors de votre demande.

Changement n° 2 : le CPF vous engage à passer l'examen

C'est la nouveauté la moins commentée, et la plus structurante. L'article 59 de la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a réécrit l'article L. 6323-6 du code du travail. Depuis le 27 juin 2026, lorsqu'un titulaire ne se présente pas aux évaluations et épreuves sans motif légitime, il ne peut plus mobiliser ses droits, et la Caisse des dépôts et consignations demande le remboursement des sommes déjà utilisées.

La liste des motifs légitimes doit être précisée par décret, qui n'était pas encore paru fin juillet 2026. En attendant, la règle à retenir est simple : une formation financée par le CPF se termine par le passage de la certification. Ce n'est plus une option laissée à l'appréciation de chacun.

À l'IFPA Poitiers, cela ne change rien à notre manière de travailler — nous inscrivons nos stagiaires aux sessions d'examen et nous les préparons aux épreuves, c'est le cœur de notre métier. Mais cela change une chose pour vous : au moment de choisir un organisme, demandez explicitement qui vous inscrit à l'examen, quand, et ce qui est prévu si vous devez repasser un bloc.

Changement n° 3 : on ne refinance plus un titre déjà obtenu

Le même texte interdit désormais d'utiliser ses droits CPF pour financer une formation menant à une certification — ou à un bloc de compétences — déjà obtenue ou validée par le titulaire. Seule exception prévue par la loi : les certifications en langues.

Concrètement, si vous avez validé un ou deux CCP d'un titre professionnel il y a quelques années, dans un autre centre, vous ne pourrez pas refinancer ces blocs au CPF. Ce n'est pas bloquant, mais cela se prépare : rassemblez vos attestations avant le rendez-vous de positionnement. Nous construisons alors un parcours partiel sur les blocs qui vous manquent, ou nous vous orientons vers la VAE lorsque c'est la voie la plus courte.

Un point que peu de monde signale : les titres RNCP ne sont pas plafonnés

Un autre texte de l'année, le décret n° 2026-127 du 24 février 2026, a plafonné les droits CPF mobilisables selon le type de formation : 1 500 € pour les certifications et habilitations du répertoire spécifique (RS), 1 600 € pour un bilan de compétences, 900 € pour le permis de conduire du groupe léger. Le socle de connaissances et de compétences professionnelles (CléA) est expressément exclu de ce plafonnement.

Ce que ce décret ne plafonne pas, ce sont les formations préparant à un titre professionnel inscrit au RNCP — c'est-à-dire l'ensemble de nos parcours qualifiants. La distinction entre une certification RS et un titre RNCP, longtemps abstraite pour les candidats, a maintenant une conséquence financière directe.

Le CPF ne finance presque jamais tout : les autres leviers

Pour un parcours qualifiant de 840 à 1 500 heures, les droits CPF couvrent rarement l'intégralité du coût. C'est normal, et c'est prévu. Les solutions que nous montons le plus souvent avec les candidats de la Vienne :

  • L'abondement employeur — il complète vos droits et vous exonère du forfait de 150 €.
  • L'AIF de France Travail, pour les demandeurs d'emploi. Attention : depuis la révision des conditions générales de financement du 16 juin 2026, les droits d'inscription, frais de dossier et frais d'inscription aux examens ne font plus partie des frais pédagogiques finançables. Un devis conforme évite un refus.
  • Le Projet de Transition Professionnelle (Transitions Pro), pour les salariés qui changent de métier en conservant une rémunération. Un chiffre mérite d'être connu : selon le rapport 2025 de la Médiatrice de France compétences, 81 % des demandes de médiation pour refus de financement arrivent trop tard pour être instruites dans le délai de 60 jours. En cas de refus, le recours se dépose immédiatement, pas « quand on aura le temps ».
  • Votre OPCO, dans le cadre du plan de développement des compétences de l'entreprise.
  • La Région Nouvelle-Aquitaine, via le Programme régional de formation. La Région a par ailleurs ouvert au 1er juillet 2026 un fonds de soutien aux initiatives territoriales de formation et d'emploi, qui vise en priorité les personnes peu ou pas qualifiées, les allocataires du RSA, les jeunes sans emploi ni formation et les habitants des zones rurales.

Ce que nous vérifions avec vous avant l'entrée en formation

Le rendez-vous de positionnement sert aussi à sécuriser le financement. En pratique, nous passons en revue quatre points :

  1. Le solde réel de vos droits sur moncompteformation.gouv.fr, et le reste à financer.
  2. Les certifications ou blocs que vous détenez déjà, pour éviter un refus au titre de la nouvelle règle.
  3. Le dispositif le plus adapté à votre statut — salarié, demandeur d'emploi, indépendant — et l'ordre dans lequel déposer les demandes.
  4. Le calendrier : un dossier de financement se dépose plusieurs semaines avant la rentrée, pas la veille.

C'est gratuit, sans engagement, et cela évite la plupart des mauvaises surprises.

Vous préparez une entrée en formation pour la rentrée d'août ou de septembre 2026 ? Parlons de votre financement avant de déposer quoi que ce soit — un échange suffit souvent à identifier le bon montage. Vous pouvez aussi consulter notre page financer ma formation et le détail de nos titres professionnels RNCP.

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